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Blog littéraire : A la découverte de mes écrits et mes coups de cœur ou de gueule.

Un jardin sur la mer Sophie Etienbled

Un jardin sur la mer  Sophie Etienbled

         Tandis que nous approchons de la côte, la route se fait plus étroite. Des trous jonchent la voie, les cahots nous bousculent, ma main s’agrippe à la portière, curieux moment pour jouer aux autos tamponneuses ! Un panneau d’interdiction barre notre progression. Imperturbable, tu l’ignores. Je profère un timide :

  On continue ? 

Un jardin sur la mer  Sophie Etienbled

Maintenant que tu es embarquée, il faut que tu ailles au bout, non ? 

 

         Je me tais. Tu es sûrement dans le vrai. Ce qu’il reste de la voie accumule les embûches. Les arbres s’élancent en désordre, comme à l’assaut. Leurs branches retombent sur la chaussée.

Un jardin sur la mer  Sophie Etienbled

Pourtant des échappées trouent les buissons. Les murs de maisons se silhouettent sur des lambeaux de ciel. Des grilles, des cadenas, des pierres écroulées. Où sommes-nous ?

Un jardin sur la mer  Sophie Etienbled

         Tu t’arrêtes enfin. Un portail de bois rouge vermoulu, chapeauté de chaume embroussaillé. Le pêne est cassé, les battants s’écartent sans résistance. Tu m’entraînes, me tenant par le bras :

 Attention ! Les herbes sont hautes et les ronces ont colonisé le lieu. 

Un jardin sur la mer  Sophie Etienbled

         Tout mon être n’est qu’interrogation. Tu te laisses fléchir :

 Voici mon royaume. A mi-chemin entre enfer et paradis, quelque chose comme le jardin d’Eden, après le départ d’Adam et Eve. Voilà longtemps que nul n’a tenté de discipliner la nature. Elle règne, souveraine et baroque, mariant pissenlits et bégonias ; roses et orties s’amourachent, rhododendrons bossus et hortensias luxuriants piétinent les allées d’un autrefois rigoureux. 

Un jardin sur la mer  Sophie Etienbled

         Nous atteignons une terrasse aux pavés descellés. Derrière des colonnes embrassées de lierre on devine une entrée monumentale. Un pavillon de style colonial. Tu me retiens :

  La maison n’est pas sûre. Je ne voudrais pas risquer qu’il t’arrive quelque chose. 

  M’expliqueras-tu enfin ? Que s’est-il passé ici ? 

 

Extrait de "Un jardin sur la mer" in "Tous les êtres aimés"

Un jardin sur la mer  Sophie Etienbled
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