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Blog littéraire : A la découverte de mes écrits et mes coups de cœur ou de gueule.

Face aux feux du soleil Isaac Asimov

Un livre paru à la fin des années cinquante que la période actuelle m'a remis en mémoire.

Un livre paru à la fin des années cinquante que la période actuelle m'a remis en mémoire.

 

L'action se déroule sur une planète éloignée de la Terre : Solaria. Face à des circonstances extraordinaires, les Solariens ont demandé l'aide d'un Terrien, Elijah, ce qui est totalement inhabituel et incongru, les Solariens, comme nombre d'habitants des exo-planètes considèrant en général les habitants de la Terre avec une certaine défiance méprisante.

Face aux feux du soleil	Isaac Asimov

Elle fait seize mille kilomètres de diamètre. (...) Elle ressemble à la Terre, tant en atmosphère qu'en climats. Sa proportion de terres fertiles est plus importante, ses ressources minières plus faibles, et d'ailleurs moins exploitées. C'est un monde qui peut se suffire à lui-même et qui, par l'exportation de ses robots, s'est assuré un standard de vie élevé.

Quelle en est la population ?

Vingt mille personnes.

         Baley acquiesça un instant, puis reprit doucement :

Vous voulez dire vingt millions, je pense.

         Ses faibles connaissances sur les Mondes Extérieurs suffisaient à lui démontrer que, bien que ces mondes fussent sous-peuplés au regard des normes terrestres, la population de chacun se chiffraient en millions.

Vingt mille personnes, Elijah, répéta le robot.

C'est qu'elle vient juste d'être habitée, alors ?

Pas du tout. Solaria est indépendante depuis bientôt deux siècles, et on a commencé de s'y installer un siècle, au plus, avant cette date. Le niveau de la population est volontairement réduit à vingt mille personnes, ce que les Solariens eux-mêmes considèrent comme le nombre optimal.

Quelle surface de la planète occupent-ils donc ?

Toute la surface fertile.

C'est-à-dire en superficie ?

Environ quatre-vingts millions de kilomètres carrés, y compris les surfaces marginales.

Face aux feux du soleil	Isaac Asimov

Les Solariens évitent en effet le contact physique qu'ils craignent et ne se rendent visite que grâce à "la télévision tridimensionnelle", jamais en personne

Au cours de ses investigations Elijah est cependant amené à rencontrer un Solarien nommé Quemot.

Je vous remercie beaucoup, monsieur, d'avoir bien voulu accepter cette rencontre.

         Quemot essaya de sourire, mais ce ne fut qu'un lamentable échec..

Il y a bien longtemps que ça ne m'était arrivé. Oui, bien longtemps, en vérité.

         C'est tout juste s'il ne se tortillait pas en parlant : Baley aurait juré qu'il était sur des charbons ardents.

J'imagine que cela doit vous paraître assez pénible, dit-il.

Très pénible. (Et Quemot se retourna brusquement et se réfugia dans un fauteuil à l'autre bout de la pièce).

         Il mit son fauteuil d'angle de façon à faire le moins possible face à Baley sans lui tourner le dos, et s'assit, joignant ses mains gantées tandis que ses narines semblaient frémir.

Que ressentez-vous exactement à me voir là, en face de vous ?  (...) Eprouvez-vous une véritable panique ? (...)

Non, pas une véritable panique. (Quemot tourna légèrement la tête pour lancer un bref regard oblique à Baley, puis reprit aussitôt la même position.) Mais je vais être franc, monsieur Baley. Je m'imagine vous sentir.

         Aussitôt Baley se rejeta dans son fauteuil, se sentant douloureusement gêné :

Me sentir ? répéta-t-il.

C'est évidemment un tour que me joue l'imagination, reprit Quemot. Je suis incapable de dire si vous avez réellement une odeur, ou si elle est forte ; et même d'ailleurs, si c'etait le cas, mes filtres olfactifs m'empêcheraient de l'apprécier. Néanmoins l'imagination... (et il haussa les épaules.)

Oui, je comprends.

Non, je ne crois pas. C'est pire que cela. Pardonnez-moi, monsieur Baley, mais quand je me trouve effectivement en présence d'un être humain, j'éprouve fortement l'impression que quelque chose de visqueux va me toucher. Et, bien sûr, je fais tous les efforts pour m'en écarter. C'est vraiment très désagréable.

Face aux feux du soleil	Isaac Asimov

Terrible perspective d'un avenir possible en un aujourd'hui où masques, visières et "distanciation sociale" font partie des injonctions qu'on nous serine à longueur d'onde envahissant notre quotidien.

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